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Qu’est-ce qu’un terrasson ?
Le terrasson est la partie haute d’une toiture à la Mansart, celle qu’on ne voit presque pas depuis la rue. Sa pente réduite impose des matériaux et un entretien particuliers.
Le terrasson est la partie supérieure, à faible pente, d’un comble brisé à la Mansart, située au-dessus de la ligne de bris. Il est le plus souvent couvert de zinc, parfois d’ardoise ou de tuile plate sur les toits anciens.
Définition : où se trouve le terrasson
Le toit à la Mansart, ou comble brisé, casse chaque versant en deux parties. En bas, le brisis, presque vertical, porte les lucarnes. En haut, le terrasson de toiture referme le volume. Sur le schéma ci-dessus, le terrasson est surligné en orange. La ligne qui sépare les deux s’appelle la ligne de bris ; la liaison entre les deux parties porte le nom de membron.
Ce type de toiture a un usage précis : il libère un étage presque entier dans les combles, avec des murs quasi droits, tout en gardant une hauteur de faîtage raisonnable. Cet espace habitable explique son succès dans l’architecture urbaine, à Paris comme dans toute l’Île-de-France. La fiche d’inventaire du ministère de la Culture consacrée aux couvreurs zingueurs parisiens décrit le toit haussmannien comme un brisis couvert d’ardoise surmonté d’un terrasson couvert de zinc.
Pour la différence entre les deux parties et leur rôle dans la structure, Les Couvreurs Versaillais ont publié un article dédié : brisis et terrasson, différences et rôle. Cette page s’en tient à la définition du terrasson lui-même : sa pente, ses matériaux, son étanchéité et son entretien.
Une faible pente qui dicte le choix des matériaux
La pente du terrasson est la première de ses caractéristiques, et c’est elle qui décide de la couverture possible. La fiche toitures de la ville d’Épernay résume l’évolution : sur les Mansart anciens, la partie haute, dont la pente reste accentuée, est généralement en tuile plate ; sur les constructions plus récentes, elle est en zinc ou en ardoise, la pente étant trop faible pour la tuile. Sur une surface presque plate, les tuiles ne garantissent plus l’étanchéité : l’eau ne s’écoule pas assez vite et remonte entre les recouvrements. Les tuiles mécaniques, à emboîtement, ne règlent pas ce problème.
Plus les pentes diminuent, plus le choix se resserre sur les matériaux métalliques. La fiche du ministère de la Culture précise que les savoir-faire du couvreur zingueur parisien s’exercent sur des toitures d’au moins 5 % de pente. Une fiche de conseils des architectes des Bâtiments de France d’Alsace ajoute que, sur le bâti à très faible pente, le terrasson de cuivre est toléré avec des joints debout, et non à tasseaux. Les règles de mise en œuvre du zinc relèvent du DTU 40.41, celles de l’ardoise du DTU 40.11.
Avant tout projet, demandez au couvreur de mesurer la pente du terrasson et d’indiquer dans son devis la technique retenue et la règle qui l’autorise. Ce point sera particulièrement utile si vous changez de matériau.
Zinc, ardoise ou étanchéité : les matériaux du terrasson
Le terrasson en zinc est le cas le plus courant en Île-de-France. Deux types de pose coexistent :
- La couverture à tasseaux, technique traditionnelle parisienne du XIXe siècle. Selon la fiche du ministère de la Culture, des tasseaux de bois de forme trapézoïdale sont cloués sur un voligeage en sapin, et les feuilles de zinc, le plus souvent de 2,00 × 0,65 m, se logent entre eux. Des pattes placées tous les 50 cm les tiennent, et des couvre-joints coiffent les tasseaux. Cette installation donne aux toits de Paris leur aspect « zébré ».
- Le système à joint debout : les bords des bacs sont pliés et agrafés ensemble, sans tasseau. L’aspect est plus lisse et plus moderne.
Dans les deux cas, le terrasson en zinc repose sur un support continu en bois, ventilé en sous-face : la fiche rappelle que la face interne des couvertures doit être ventilée pour éviter la condensation. Voyez notre page sur la condensation sous une toiture en zinc. Parmi les avantages du zinc : un faible poids, une bonne tenue aux intempéries et une longue durée de vie.
Le terrasson en ardoise est possible quand la pente le permet. L’ardoise naturelle donne un aspect homogène avec le brisis, au prix d’un recouvrement plus important.
Le terrasson traité en toit terrasse se rencontre sur certains bâtiments dont la partie haute est presque plate : une membrane d’étanchéité remplace la couverture. L’étanchéité d’un toit terrasse obéit à d’autres règles ; c’est un métier proche de celui du couvreur, mais distinct. Vérifiez que l’entreprise consultée maîtrise ce type de réalisation.
Le choix tient aussi à l’esthétique : un terrasson se voit peu depuis la rue, mais beaucoup depuis les étages voisins. Dans un secteur protégé, l’architecte des Bâtiments de France peut imposer le matériau d’origine, pour des raisons d’esthétique d’ensemble autant que de technique.
Étanchéité et entretien d’un terrasson
La faible pente rend l’étanchéité du terrasson plus fragile que celle d’un pan raide : l’eau stagne plus longtemps, les débris et la mousse s’accumulent. Les points à surveiller :
- La ligne de bris, où le zinc rejoint l’ardoise : c’est une jonction entre deux matériaux, donc un point d’étanchéité sensible.
- Le pourtour des cheminées en pierre ou en brique et des sorties de toit, souvent nombreuses sur la partie haute des immeubles, où l’étanchéité dépend de pièces façonnées et soudées.
- Les soudures et les agrafures, qui travaillent avec la dilatation et peuvent s’ouvrir.
- Le métal lui-même : la fiche du ministère de la Culture note qu’une feuille de zinc posée il y a plus de soixante ans est « cuite » et ne se récupère pas. Habitatpresto estime que le zinc peut durer plus de 50 ans avec peu d’entretien.
Pour l’entretien, Habitatpresto conseille un nettoyage annuel pour retirer débris et feuilles, et une inspection visuelle au moins une fois par an ainsi qu’après les tempêtes, pour évacuer les eaux et vérifier les fixations. Le terrasson étant invisible depuis le sol, demandez des photos au couvreur : c’est le seul moyen de juger son état et sa durabilité. Une fuite sur cette partie apparaît souvent au plafond du dernier étage, loin du point d’entrée de l’eau ; une recherche de fuite est alors nécessaire avant toute réparation.
Prix d’une couverture de terrasson en zinc
D’après Habitatpresto, une toiture en zinc posée coûte de 180 à 240 € le m² en joint debout et de 210 à 290 € le m² sur tasseaux. Ces prix couvrent la couverture ; sur un terrasson, il faut ajouter l’échafaudage, souvent plus complexe sur un bâtiment de plusieurs étages, la dépose de l’ancien zinc et la reprise du support si le bois est abîmé. Pour des devis comparables, faites préciser la surface, le système de pose, l’épaisseur du métal et le traitement de la ligne de bris. Une installation réalisée dans les règles garantit l’étanchéité de toute la toiture du dessus.
Les travaux sur un terrasson font souvent partie d’une rénovation plus large du comble brisé. Le guide de la toiture Mansart publié par Les Couvreurs Versaillais, entreprise familiale de Versailles, détaille les étapes de tels projets.
Le terrasson à Versailles
Le toit à la Mansart porte le nom de l’architecte François Mansart, et cette forme reste présente dans l’architecture versaillaise, chez le particulier comme sur des bâtiments publics. Dans le périmètre protégé, refaire un terrasson à l’identique ou changer de matériau n’a pas les mêmes conséquences : le second cas demande l’accord de l’architecte des Bâtiments de France. Notre page sur la toiture en secteur sauvegardé détaille les démarches. Si vous ajoutez une lucarne ou un chien assis dans le brisis, le raccord avec la partie haute fait partie du projet. Sur les terrassons en zinc des maisons de ville, une couverture refaite dans les règles retrouve une durabilité de plusieurs décennies.
Sources : Ministère de la Culture — Fiche d’inventaire du patrimoine culturel immatériel : les savoir-faire du couvreur zingueur parisien · Ville d’Épernay — Fiche outil toitures · Ministère de la Culture, STAP du Bas-Rhin et du Haut-Rhin — Restaurer le bâti ancien : les couvertures (fiche conseils) · Batirama — La liste des DTU (Documents techniques unifiés) à jour · Habitatpresto — Prix toiture en zinc : tarif au m², devis et entretien.
questionsfréquentes
Quelle est la pente d’un terrasson ?
Elle est faible, bien plus que celle du brisis, mais varie d’un bâtiment à l’autre. Sur les toits anciens, elle restait assez forte pour la tuile ; sur les toits plus récents, elle est trop faible pour la tuile et impose le zinc ou l’ardoise.
Pourquoi les terrassons sont-ils souvent en zinc ?
Le zinc se pose en feuilles jointives, à tasseaux ou à joint debout, qui restent étanches sur une faible pente. C’est la solution retenue sur les immeubles parisiens du XIXe siècle, avec un brisis en ardoise.
Combien coûte la réfection d’un terrasson en zinc ?
Selon Habitatpresto, comptez de 180 à 240 € le m² en joint debout et de 210 à 290 € le m² sur tasseaux, pose comprise. L’échafaudage, la dépose et la reprise du voligeage s’ajoutent.