Couvreurs à Versailles › Lexique › Croupe
Qu’est-ce qu’une croupe de toit ?
Elle ferme le bout d’un toit par une face inclinée au lieu d’un mur pignon. Elle donne au toit sa silhouette à quatre pans et ajoute deux lignes à soigner : les arêtiers.
La croupe est un pan de toiture, généralement triangulaire, qui ferme l’extrémité d’un toit à la place du pignon. Elle rejoint les longs-pans par deux arêtiers.
Ce que change une toiture à croupes
Sur un bâtiment à deux versants, chaque extrémité se termine par un pignon : un mur en maçonnerie qui monte jusqu’au faîtage. La toiture à croupes supprime ce mur haut et le remplace par un plan incliné. Sur le schéma ci-dessus, ce pan et ses arêtiers sont surlignés en orange : le petit triangle en bout de toit, et les deux arêtes qui le séparent des grands côtés. Sa pente est souvent proche de celle des autres faces, mais rien n’impose qu’elle soit identique.
Ce choix a trois effets concrets. L’ensemble offre moins de prise contre le vent, puisqu’aucun mur plat ne lui fait face. Il n’y a plus de pignon exposé à la pluie à ravaler. Enfin, l’égout fait le tour du bâtiment : la gouttière court sur les quatre côtés, ce qui protège toutes les façades mais allonge la zinguerie à entretenir.
En contrepartie, la charpente est plus complexe et le comble perd du volume aux extrémités, car la couverture descend là où le pignon offrait une hauteur pleine. Vue depuis la rue ou depuis une terrasse voisine, un tel bâtiment paraît aussi plus basse et plus massive.
Les types de toiture à croupes
Le mot recouvre plusieurs formes, et les devis ne les distinguent pas toujours :
- Le toit à quatre pans : deux longs-pans trapézoïdaux et deux croupes triangulaires. C’est la forme la plus fréquente sur les maisons individuelles.
- Le toit en pavillon : sur une base carrée ou presque carrée, toutes les faces sont des croupes qui se rejoignent en pointe, sans ligne de faîtage. On le voit sur les pavillons d’angle, une gloriette de jardin ou certains abris.
- La demi-croupe (ou croupette) : le triangle d’extrémité ne descend pas jusqu’à l’égout des grands côtés. Le bas du pignon reste vertical et seul son sommet est incliné. Une fiche de conseils des architectes des Bâtiments de France d’Alsace présente la maison à deux versants, terminée ou non par une croupette, comme forme locale courante, et les deux vraies croupes comme plus rares. Les parties basses du pignon restent alors à entretenir comme un mur ordinaire.
- L’extrémité biaise : quand le mur de bout n’est pas perpendiculaire aux façades, les deux arêtes n’ont pas la même longueur et le tracé se complique. C’est fréquent sur les parcelles en angle.
Le toit à la Mansart, fréquent dans le centre de Versailles, en comporte lui aussi : les faces d’extrémité du terrasson et du niveau inférieur sont des croupes, avec une inclinaison forte en bas et une inclinaison faible en haut. Ces formes se combinent souvent sur une même maison, avec une aile en retour ou une extension.
La charpente : arêtiers et empannons
Deux composants de la charpente en bois portent ces faces inclinées :
- L’arêtier. L’Office québécois de la langue française le définit comme une pièce de bois inclinée placée aux angles d’un toit à croupes. C’est le membre principal de l’ouvrage : il part de l’extrémité du faîtage et descend jusqu’à l’angle des murs, où il s’appuie sur la panne sablière.
- Les empannons. Ce sont des chevrons raccourcis qui s’assemblent dans l’arêtier en tête et reposent en pied sur la sablière. Le même dictionnaire distingue ceux qui portent les longs-pans de ceux qui portent les faces d’extrémité.
Sur une charpente traditionnelle, chaque empannon est taillé à une longueur et un angle différents, ce qui demande une méthode de tracé rigoureuse. Les guides de charpente (guide de conception, guide de construction) et les outils de calculs en ligne détaillent cette méthode, mais la taille des empannons reste un travail de charpentier. Sur une charpente industrielle, des demi-fermes d’arêtier jouent ce rôle, assemblées par des pièces métalliques.
Si vous découvrez un arêtier fendu ou des empannons qui ont glissé, faites intervenir un charpentier avant de refaire la couverture : la page charpente des Couvreurs Versaillais détaille ce type de reprise.
Couvrir les arêtiers : méthode et fixation
La couverture de ce type de toit pose surtout la question des arêtiers, ces lignes où deux faces se rencontrent en angle saillant. Le calepin de chantier de la CAPEB consacré à la tuile décrit plusieurs méthodes : scellement au mortier avec des tuiles d’angle, pose avec éléments spéciaux, fermeture à noquets métalliques pour la tuile plate. Sur un scellement ancien, c’est le mortier qui lâche en premier : il se fissure, se décolle, puis laisse bouger les éléments du dessus.
En ardoise, cette arête se traite par des ardoises taillées posées en recouvrement, ou par une bande de zinc. Sur les toitures anciennes, ce sont souvent les points de fixation de cette bande qui cèdent. La fiche des architectes des Bâtiments de France citée plus haut recommande des « arêtiers et noues bien fermés » sur les couvertures en ardoises naturelles.
Chaque rang qui arrive sur l’arête doit être coupé en biais. D’après Ma Calculatrice en Ligne, on ajoute 10 % de tuiles pour les coupes, les arêtiers et la casse. La fixation des éléments coupés demande plus de soin : une demi-tuile mal tenue le long de l’arête part la première lors d’un coup de vent. Quelle que soit la pente, la fixation de chaque élément coupé compte. Selon le matériau, les types de fixation utilisés vont du clou au crochet, en passant par la vis ou le scellement ; demandez lequel est prévu.
Prix et entretien d’une toiture à croupes
Une toiture à croupes ne se chiffre pas comme une toiture à deux versants. Selon Habitatpresto, la fourniture et la pose d’une couverture en tuile PV10 se situent entre 70 et 120 € le m², et ce sont surtout les noues, lucarnes, cheminées et découpes qui font monter l’addition. Par rapport à un toit à deux pans, la toiture à croupes ajoute la longueur des arêtes à traiter et le temps de coupe. Demandez un devis qui chiffre séparément la surface couverte (en m²), la longueur des arêtiers (en mètres) et la zinguerie qui fait le tour du bâtiment. Nos repères de prix de toiture à Versailles donnent les fourchettes au m² par matériau .
Côté entretien, regardez en priorité :
- les éléments d’angle déplacés ou au mortier fendu, visibles depuis la rue ;
- le pied de chaque arêtier, là où il rejoint l’angle de la gouttière : c’est un point bas où l’eau des deux côtés se rencontre ;
- la jonction avec une noue si la maison a une aile en retour, car l’eau de l’extrémité du toit peut s’y déverser.
Pour comprendre comment ces faces s’insèrent dans le reste du toit, voyez la définition du versant. Pour une couverture en tuile à reprendre, la page toiture tuile des Couvreurs Versaillais présente leur travail sur ce matériau, rives et arêtiers compris.
Ce type de toit dans les maisons de Versailles
À Versailles et dans les communes voisines (Le Chesnay, Viroflay, Buc), on rencontre souvent des toits à croupes couverts d’ardoise ou de tuile plate, sur des maisons individuelles comme sur des bâtiments plus anciens. Dans le secteur protégé, la forme du toit fait partie de ce que l’architecte des Bâtiments de France examine : transformer une extrémité inclinée en pignon, ou l’inverse, demande une autorisation (voir notre page sur la toiture en secteur sauvegardé). Pour quelques éléments d’angle à remplacer à l’identique, il suffit souvent d’un échange avec le service urbanisme pour savoir si une déclaration est nécessaire.
Sources : Office québécois de la langue française — Grand dictionnaire terminologique : arêtier · Office québécois de la langue française — Grand dictionnaire terminologique : empannon · Ministère de la Culture, STAP du Bas-Rhin et du Haut-Rhin — Restaurer le bâti ancien : les couvertures (fiche conseils) · CAPEB — Calepin de chantier : couvertures en tuiles · Ma Calculatrice en Ligne — Calcul de la surface d’une toiture · Habitatpresto — Tuile PV10 : prix au m², étapes de pose et conseils.
questionsfréquentes
Qu’est-ce qu’une croupette ?
C’est une face d’extrémité raccourcie. Sur une toiture à croupes complète, le triangle descend jusqu’à l’égout, au même niveau que le reste du toit. La croupette s’arrête plus haut : le bas du pignon reste vertical et seule sa partie haute est couverte.
Ce type de toit coûte-t-il plus cher ?
Oui, à surface égale. Il faut traiter les arêtes, couper la tuile en biais et poser une gouttière sur tous les côtés. Ma Calculatrice en Ligne conseille 10 % de matériau en plus pour les coupes, les arêtiers et la casse. Comparez les devis sur leur total et sur le détail par poste.
Qu’est-ce qu’un empannon ?
C’est un chevron raccourci qui s’assemble dans l’arêtier en haut et repose sur la panne basse en pied. Chaque extrémité de toit en compte plusieurs, tous de longueur différente.