Couvreurs à Versailles › Lexique › Platelage
Qu’est-ce que le platelage ?
Sous certaines couvertures, la charpente ne suffit pas : il faut un plancher continu. Ce platelage, en bois, en panneaux, en acier ou en béton, conditionne la tenue du zinc et l’étanchéité des toits plats.
Le platelage est le plancher continu posé sur les chevrons ou les solives pour servir d’assise à la couverture. En toiture, il est le plus souvent fait de voliges jointives ou de panneaux de bois.
- 1Tuiles
- 2Liteaux
- 3Contre-liteaux
- 4Écran de sous-toiture
- 5Isolant
- 6Pare-vapeur
- 7Platelage (voliges)
- 8Chevrons
Définition du platelage en toiture : un plancher plutôt que des lattes
Sur un chantier de toiture, le mot platelage désigne toute surface continue posée sur la charpente pour recevoir des matériaux qui ne tiennent pas sur de simples liteaux. Les couvreurs parlent plus souvent de voligeage quand ce plan est fait de planches de bois (les voliges), et de panneautage quand il est fait de panneaux. Dans les deux cas, le principe reste le même : remplacer un réseau de lattes espacées par un plancher, de sorte que la couverture repose partout et non sur quelques appuis.
On parle de voligeage jointif quand les lames sont posées bord à bord, sans vide entre elles. Il se distingue du voligeage à claire-voie, où un espace est laissé pour aérer la sous-face. Le choix entre les deux dépend des caractéristiques du matériau de couverture : une feuille de zinc ou un bardeau bitumé exige un plan plein, alors qu’une ardoise ou une tuile se contente d’appuis discontinus.
Sur le schéma de coupe ci-dessus, le platelage est la couche surlignée juste au-dessus des chevrons. Il fait partie du support de couverture, au même titre que les liteaux et les contre-liteaux. Hors toiture, le même terme sert pour les terrasses et les passerelles : un platelage en lames de bois posé sur des solives, au-dessus du terrain ou d’un vide.
Les types de platelages utilisés en toiture
Les platelages utilisés sur un toit se répartissent en quatre types. Chacun répond à un usage précis et relève de ses propres règles de mise en œuvre.
- Les voliges en bois massif. C’est la solution de référence sous le zinc. Le fabricant VMZINC, qui renvoie au DTU 40.41, retient des voliges en sapin, épicéa, pin sylvestre ou peuplier, d’une épaisseur supérieure ou égale à 18 mm. Habitatpresto indique que les voliges courantes vont de 15 à 22 mm selon les contraintes du chantier.
- Les panneaux OSB et contreplaqué. Plus rapides à fixer, ils servent surtout sous les bardeaux bitumés. Le fabricant IKO recommande pour cet emploi de l’OSB/3 (porteur en milieu humide) ou de l’OSB/4, avec un jeu de 3 mm entre panneaux. Son tableau indicatif donne 12 mm pour des chevrons espacés de 60 cm et 18 mm pour un entraxe de 90 cm.
- Les tôles d’acier nervurées. Sur un toit plat, le bac acier peut lui-même servir de plancher porteur sous un revêtement d’étanchéité. Ce système relève du NF DTU 43.3 « Toitures en tôles d’acier nervurées avec revêtement d’étanchéité ».
- Le béton. Des dalles en béton armé, coulées sur place ou préfabriquées, forment le plancher des toitures-terrasses d’immeubles. L’étanchéité sur maçonnerie relève du DTU 43.1, tandis que les éléments porteurs en bois et panneaux dérivés relèvent du NF DTU 43.4, d’après la liste des DTU publiée par Batirama.
Les platelages en bois sont les plus légers et les plus simples à reprendre lors d’une réfection. Les platelages en béton offrent la meilleure résistance et acceptent une terrasse accessible, mais leur poids impose une structure prévue dès la conception du bâtiment. Un platelage en béton n’est donc jamais une solution de rénovation sur une charpente existante : on le réserve à la construction neuve, où les dalles sont calculées avec les murs porteurs. Sur une maison ancienne de Versailles, le platelage rencontré pendant les travaux est presque toujours en bois léger, cloué sur des chevrons ou, pour un toit plat, sur des solives de section adaptée à la portée.
Le platelage sous une toiture en zinc
C’est l’utilisation la plus fréquente dans le secteur. Le zinc arrive en feuilles minces qui se dilatent à la chaleur : posé sur des appuis espacés, il se déformerait. Le voligeage jointif lui offre un plan régulier sur toute sa longueur. La documentation VMZINC pour la couverture à joint debout fixe une pente minimale de 5 % et n’admet que les toitures froides ventilées : une lame d’air d’au moins 40 mm doit séparer le voligeage de l’isolant pour des rampants jusqu’à 12 m, et 60 mm au-delà.
Cette ventilation n’est pas un détail. Sans elle, la vapeur qui traverse l’isolation se condense sous la feuille, et le bois du platelage puis le zinc s’abîment par l’intérieur. Le phénomène est détaillé dans le guide condensation sous une toiture en zinc. Le même document VMZINC précise que, si le bois retenu n’est pas compatible avec le zinc, une membrane d’interposition sera nécessaire entre les deux.
Pour les techniques de pose du joint debout, Les Couvreurs Versaillais détaillent les étapes dans leur guide technique du joint debout et leur page sur la pose d’une toiture en zinc.
Et sous le bac acier ?
Un bac acier de couverture classique n’a généralement pas besoin de platelage. Le DTU 40.35, résumé par la Fédération française du bâtiment, vise des toits de formes simples posés sur pannes : la tôle nervurée est autoportante entre deux appuis. Pour une panne en bois, la FFB indique une largeur d’appui d’au moins 60 mm et une hauteur d’au moins 80 mm si l’on choisit de fixer la tôle par vis ou tire-fond.
Le platelage revient dans les cas suivants : quand on pose un acier à joint debout, qui se travaille comme le zinc, et quand le bac acier devient l’élément porteur d’une toiture-terrasse recouverte d’une membrane d’étanchéité. Dans ce second cas, ce sont les nervures de la tôle qui reprennent la charge, et l’isolant est posé sur la tôle avant le revêtement. Sur un garage ou un auvent, le bac posé sur pannes reste la solution la plus simple.
Différence entre platelage et liteaunage
Le liteaunage est un réseau de tasseaux horizontaux espacés, cloués sur les chevrons ou sur des contre-liteaux. Chaque rang de tuiles ou d’ardoises s’y accroche. Le platelage, lui, est continu. Les deux systèmes ne s’adressent pas aux mêmes produits :
| Critère | Platelage (voligeage, panneaux) | Liteaunage |
|---|---|---|
| Plan de pose | Continu, jointif | Discontinu, lattes espacées |
| Couvertures concernées | Zinc, acier à joint debout, bardeaux bitumés, étanchéité de toit plat | Tuiles, ardoises |
| Ventilation | Lame d’air à prévoir sous le plancher | Circulation d’air entre les lattes |
| Coût | Plus élevé (plus de bois, plus de main-d’œuvre) | Plus faible |
Les deux systèmes peuvent se combiner. La notice de pose des écrans de sous-toiture diffusée par Chausson, qui résume le DTU 40.29, prévoit un mode de pose « sur platelage bois ventilé à sa sous-face » : l’écran est déroulé sur le plancher, puis des contre-liteaux et des liteaux reçoivent la tuile. Ce système se voit en rénovation, quand on veut rigidifier un toit ou poser une isolation par l’extérieur (voir la sous-toiture et le pare-vapeur). Il apporte aussi une protection supplémentaire contre les intempéries pendant les travaux, l’écran étant tendu sur un plan plein.
Prix d’un platelage et points à vérifier sur un devis
Selon Habitatpresto, la volige coûte entre 9,50 € et 13,60 € le m² en fourniture (sapin, épicéa ou douglas), et la main-d’œuvre d’un charpentier se situe entre 22 € et 45 € le m². Ces montants s’ajoutent au prix de la couverture elle-même. Pour situer l’ensemble d’une réfection, consultez notre page prix de réfection de toiture à Versailles.
Les points à vérifier sur un devis comprennent :
- l’essence et l’épaisseur des voliges ou des panneaux ;
- le traitement du bois et sa compatibilité avec le métal posé dessus ;
- la lame d’air prévue sous le plancher et les entrées et sorties de ventilation ;
- la dépose de l’ancien voligeage : sur une couverture ancienne, une partie des lames est souvent à remplacer, ce qui change le volume de l’installation et le prix des matériaux ;
- la sécurité : un toit en hauteur demande des protections collectives, que le devis doit chiffrer.
Un platelage bien conçu est durable et ne demande ni nettoyage ni peinture : l’entretien porte sur la couverture et la ventilation, pas sur le plancher lui-même. Le bois massif reste le matériau idéal sous le zinc, les panneaux étant réservés aux autres couvertures. Les problèmes viennent presque toujours d’une infiltration d’eau ou d’une condensation non évacuée : un bois qui reste humide perd sa résistance et ne tient plus les fixations. Un couvreur sérieux doit pouvoir répondre à chaque question de cette liste avant de signer. Au moindre doute, faites contrôler le dessous de la couverture depuis le comble.
Sources : VMZINC — Couverture à joint debout, pattes monovis (prescriptions du support, DTU 40.41) · VMZINC — Couverture à joint debout (pente minimale et ventilation de la sous-face) · Habitatpresto — Prix de la volige au m² · IKO — Roof deck materials for shingle roofs (OSB/3, OSB/4, épaisseurs) · Batirama — Liste des DTU 43 : étanchéité des toitures · FFB — Les couvertures en bac acier (DTU 40.35) · Chausson / Elos — Notice de pose des écrans de sous-toiture (DTU 40.29).
questionsfréquentes
Quelle épaisseur pour un voligeage sous zinc ?
La documentation VMZINC, qui s’appuie sur le DTU 40.41, demande des voliges d’au moins 18 mm en sapin, épicéa, pin sylvestre ou peuplier. Une lame d’air ventilée de 40 mm minimum doit être ménagée sous le voligeage pour des rampants jusqu’à 12 m.
Peut-on remplacer les voliges par de l’OSB ?
Sous des bardeaux bitumés, oui : le fabricant IKO recommande de l’OSB/3 ou de l’OSB/4 avec un jeu de 3 mm entre panneaux. Sous le zinc, VMZINC retient des voliges de bois massif d’essences compatibles ; un autre support impose une membrane d’interposition.
Faut-il un platelage sous des tuiles ?
Non, les tuiles et les ardoises se posent sur des liteaux. Un platelage n’est ajouté sous des tuiles que dans des montages particuliers, par exemple quand l’écran de sous-toiture est posé sur un plancher ventilé ou qu’un isolant est rapporté par l’extérieur.